Tableau abstrait fait en acrylique et collage

Alban Fréneau

Ma démarche artistique

Comme tout plasticien, j’ai été nourri dans ma démarche, consciemment ou non, par un grand nombre d’artistes et de courants, autant d’inspirations intimidantes et impérieuses. Comme Gilles Deleuze le disait si bien, « (l)e peintre ne peint pas sur une toile vierge, ni l’écrivain n’écrit sur une page blanche, mais la page ou la toile sont déjà tellement couvertes de clichés préexistants, préétablis, qu’il faut d’abord effacer, nettoyer, laminer, même déchiqueter pour faire passer un courant d’air issu du chaos qui nous apporte la vision« . Tout mon travail a consisté ainsi, au fil des années, à intégrer l’approche artistique des grands maîtres puis tenter de s’en détacher pour trouver sa propre place.

Sans nier l’influence de la figuration, c’est dans l’art moderne, abstrait, que j’ai principalement puisé mon inspiration. J’ai ainsi été saisi par la force graphique du travail des premiers tenants de l’abstraction tels que Malevitch et Kandinsky. Mon intérêt pour la peinture abstraite s’est poursuivi avec Paul Klee dont la manière m’a définitivement marqué puis j’ai tenté de me hisser sur les épaules d’autres géants : les expressionnistes abstraits et parmi eux Rothko, Pollock, Kline et Jasper Johns.

J’ai finalement trouvé dans le mouvement Cobra, et en particulier chez Alechinsky, une inspiration mystérieuse et mystique dont il est difficile de se détacher. Je dois enfin rendre hommage au travail de Sean Scully et du mouvement « Supports/Surfaces » qui a eu une influence cruciale sur mon approche esthétique.

Si c’est indéniablement dans ces sillons que s’inscrit mon travail, je revendique une approche humble et autonome consistant, tant dans mes toiles que dans mes sculptures, à jouer d’un rapport de force entre l’ordre et le désordre.

L’ordre dans mes toiles s’incarne dans une division systématique de celles-ci, système que je m’attache ensuite à briser en rendant les lignes moins nettes et par l’apposition de formes nées le plus souvent du hasard. Cette technique, aléatoire quoique maitrisée, consiste principalement à faire naitre des formes en superposant les couches de matières ou de collages puis à les laver, les cirer ou les poncer révélant les couches premières (pour un exemple typique, cliquez ici).

Ce travail de construction et de déconstruction est celui d’un Sisyphe au sens où je répète l’opération autant de fois que nécessaire jusqu’à arriver à hisser le rocher, autrement dit à trouver un subtil équilibre. J’appelle cette technique « DO/UNDO/REPEAT » à travers laquelle je souhaite que mes œuvres disent une étrange histoire : celle d’un rocher qui tangue toujours et fait vibrer la toile.

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